Le 11 septembre 2017

Des Millenials pas si à l’aise que ça avec la technologie…

Le fait d’être né à l’ère du digital et d’avoir été bercé de technologie tout au long de son enfance apporte souvent une forte crédibilité aux Millenials concernant leurs talents en informatique et leur capacité de gérer plusieurs tâches en même temps. L’étude des chercheurs A. Kirschner et Pedro De Bruyckere se penche sur cette légende aussi fausse que bien ancrée dans les esprits. 

Le postulat de la suprématie des Digital Natives concernant le digital a la dent dure. Née après 1984, cette génération se voit en effet naturellement allouée un don naturel pour tout ce qui s’approche de près ou de loin à la technologie.

Selon l‘étude d’A. Kirschner ou Pedro De Bruyckere, il ne faut pas croire que les étudiants élevés au sein d’un environnement à la digitalisation omniprésente sont fondamentalement différents des générations précédentes. Cette image leur a certainement été attribuée du fait que c’est naturellement vers eux que les ainés se tournaient pour bénéficier d’une aide informatique, univers qu’ils étaient régulièrement amenés à côtoyer dans leurs cadres éducatifs. Pour ces raisons, la société les a donc rapidement considérés comme ayant une appréhension de l’environnement différente à laquelle le système éducatif devrait s’adapter.

Étiquetés « génération digitale », les étudiants se sont également vus attribuer une certaine qualité d’appréhension simultanée de plusieurs sources d’information : pour simplifier, on les pensait davantage multitâches que les générations antérieures. Partant de ce constat, il semblait donc évident que le système éducatif traditionnel était inapproprié aux techniques d’apprentissages de cette génération. Or, être né dans un monde digitalisé ne rend pas quelqu’un naturellement multitâches : il serait d’ailleurs plus juste de parler de rapidité de capacité de basculement d’une tâche à une autre plutôt que d’aptitude à réaliser réellement plusieurs choses en même temps. À partir de là, reconstruire l’éducation autour de cette fausse vérité serait une erreur, et entraverait le bon apprentissage plutôt que de le faciliter.

Une réalité plus terre à terre

En réalité, les universitaires nés après 1984 n’ont ni la capacité de suivre efficacement plusieurs choses à la fois, ni les connaissances profondes de la technologie qu’on voudrait les voir avoir. Peut-être les ainés leur ont-il attribué ces talents pour s’auto-rassurer eux-mêmes de leurs difficultés d’apprentissage de ces nouveaux outils inconnus dans leur vie quotidienne ? Toujours est-il que les réelles compétences de ces Digital Natives se limitent bien souvent à l’utilisation d’outils de base sur la suite Office, aux mails, aux sms, au chat en ligne et à l’utilisation d’Internet, sans oublier Facebook : une sorte de kit de survie des compétences basiques à maitriser pour mener sans difficultés sa vie personnelle et professionnelle aujourd’hui.

Malgré le fait que les Digital Natives ne seraient pas technologiquement plus doués que les générations nées avant 1984, il est toutefois indéniable que leur relation à la technologie est différente. Ils se servent en effet davantage des nouveaux médias pour s’informer, tandis que la TV, radio et presse écrite restent toujours plus plébiscités par les générations pré-1984.

Les Millenials ont donc certes une meilleure affinité que les autres générations pour les nouveaux médias, mais ne sont pas pour autant aussi compétents dans le domaine que l’on voudrait nous le faire croire. Aucune raison donc, a priori, de les redouter à ce point. 

Sources : Etude de A. Kirschner et Pedro De Bruyckere, La Revue du Digital
Photos : ChibolineBNtouch, Comarketing News

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